EXCLUSIF : Le rapport à 28 704 euros qui fait scandale à Strasbourg, le voici !

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EXCLUSIF : Le rapport à 28 704 euros qui fait scandale à Strasbourg, le voici !

Au dernier conseil municipal de Strasbourg, le 22 février 2010, la conseillère municipale Anne Schumann réitérait auprès du maire PS Roland Ries la demande faite par le groupe d’opposition UMP-Nouveau Centre d’avoir communication de l’étude « de 30 000 € commandée à la société Athéo portant sur l’évolution du marché de Noël ». Elle en profitait pour rappeler que cette étude avait été évoquée dans plusieurs journaux suite à un article paru dans Le Canard Enchaîné le 30 décembre 2009, regrettait « l’opacité qui entoure ce rapport » et rappelait que sa présente demande était la troisième faite par l’opposition à ce sujet. Devant cette insistance, Roland Ries a finalement transmis le rapport d’étude lundi 1er mars.

De quoi parle-t-on ? Après sa victoire aux municipales de mars 2008, la nouvelle équipe PS s’interroge sur « le sens que pourrait prendre le marché de Noël de Strasbourg », manifestation emblématique qui attire deux millions de visiteurs par an, et « cherchait des pistes d’action », comme le relate le premier adjoint Robert Hermann, en charge du dossier. Elle confie donc une étude à l’agence Athéo, spécialiste en marketing et en communication événementielle basée à Wolfisheim (Bas-Rhin). L’agence facture à la Ville environ 28 000 € pour le travail réalisé.

Pour ce prix, on attend du solide. Novopress s’est procuré hier ce rapport et en constate comme tout le monde l’indigence : sous une couverture digne d’un exposé de classe de quatrième (avant l’invention de XPress et Photoshop, ci-contre), quatre pages de préconisations, ou plutôt d’idées (voir le rapport intégral ci-dessous), sans véritable argumentation ni plus-value. Robert Hermann lui-même, après avoir découvert fin 2008 que l’étude « n’apportait rien », avait réclamé à Athéo le remboursement de 70 % de la facture, déjà réglée en totalité par la Ville.

L’affaire aurait donc pu en rester là. Elle est pourtant devenue hautement sensible pour la municipalité. Car Roland Boehler, le directeur de l’agence Athéo dont le travail est ainsi mis en cause, dispose d’un appui dans le clan des éléphants du PS. L’un de ses proches s’appelle… Michel Rocard. Et l’ancien premier ministre n’a pas hésité à écrire une lettre au camarade Ries pour lui demander de régler la facture ! Faisant suite à une dénonciation anonyme, le parquet de Strasbourg a également ouvert une enquête pour soupçons de travail fictif et détournement de fonds publics.

Dans un communiqué en date d’hier, les conseillers municipaux UMP et Nouveau Centre, enfin destinataires du rapport, dénoncent à leur tour « l’amateurisme et la pauvreté (du) contenu qui s’apparente davantage à un brouillon rédigé à la dernière minute » et estiment que « ce rapport ne justifie nullement le prix de 28 704 euros TTC demandé initialement par le cabinet d’étude. Sa valeur, estimée par la ville à 8 611,2 euros (c’est-à-dire une fois soustraits les 70 % de remboursement demandés par Robert Hermann), ne l’est pas davantage. »

Ils demandent le remboursement intégral de la somme et posent plusieurs questions à l’équipe municipale en place : « Qui a commandé ce rapport et qui l’a réceptionné ? Comment l’agence Athéo a-t-elle été désignée pour travailler sur ces questions ? (…) Pourquoi cette agence a-t-elle été immédiatement et intégralement payée ? Pourquoi a-t-il fallu attendre plus d’un an pour que ce document soit enfin rendu public ? »

Jacques Cordonnier, président du mouvement régionaliste Alsace d’Abord, réagit également ce matin. Il indique que « tout en laissant l’enquête se poursuivre, le mouvement régionaliste Alsace d’Abord s’interroge » : « Au-delà d’une demande de remboursement intégral d’un rapport qui ne vaut pas son poids en papier, Alsace d’Abord souhaite savoir comment une telle commande publique a pu être passée et quelles connexions ont pu la rendre possible ? » Jacques Cordonnier insiste aussi sur l’exigence de transparence et de vérité qui doit « aujourd’hui s’imposer à tous afin de rétablir la confiance entre la population et ses élus ».

Fâcheuse situation pour Roland Ries, qui va devoir s’expliquer… lui qui promettait une gestion rigoureuse lors de sa campagne des municipales. Et qui pourra regretter, au passage, le mauvais service qui lui est rendu par Michel Rocard, son vieil ami depuis le PSU des années 1970.

Source: http://fr.novopress.info