Le Crédit mutuel s’unifie à partir de l’est de la France

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Le Crédit mutuel s’unifie à partir de l’est de la France

Le groupe mutualiste, original dans son organisation, a dégagé un bénéfice de 1,8 milliard d’euros l’an dernier.

Drôle de groupe le Crédit mutuel ? Différent des autres banques mutualistes, en tout cas. Un chiffre suffit à le montrer : la Confédération du Crédit mutuel, la tête de réseau, emploie 200 personnes, quand Crédit agricole SA et ses filiales recensent 89 000 salariés. Au point que, pour certains, le Crédit mutuel ne serait pas un vrai groupe, mais plutôt une collection de banques indépendantes partageant la même marque, un produit phare, le livret bleu, et des mécanismes de solidarité. Par opposition au Crédit agricole et à BPCE où l’échelon national a toujours été fort.

«Les décisions se prennent au niveau des structures régionales, mais la cohésion stratégique est très forte», conteste Étienne Pflimlin, le président de la Confédération du Crédit mutuel. Et d’assurer : «La convergence vient du bas» avec des fédérations qui se regroupent afin d’accentuer leur développement et bénéficier d’économies d’échelle.

Or, effet probable de la crise, la dynamique s’accélère vivement sur ce front. La puissante fédération de Strasbourg dirigée par Michel Lucas qui a déjà attiré quatre autres fédérations pour constituer le CM5-CIC a déjà reçu, en début d’année, une demande d’adhésion de la fédération de Valence. Selon plusieurs sources, des discussions en ce sens se poursuivent avec quatre autres fédérations : Caen, Nantes, Orléans et Marseille. Autrement dit, à la fin de l’année, la cartographie du groupe pourrait être largement remaniée, les dix-huit fédérations éclatées entre un CM10-CIC, les trois fédérations de Crédit mutuel Arkéa, le Crédit mutuel du Nord et quelques indépendants.

Stratégie de conquête

Cela ne modifierait pas outre mesure les équilibres financiers du groupe déjà dominés par CM5-CIC. Ce pôle représente à lui seul les deux tiers du résultat net part du groupe qui atteint 1,8 milliard d’euros en 2009. Les «bretons» souvent représentés comme la force d’opposition interne au sein du groupe, contribuent à hauteur de 8% seulement. En fait, une telle vague d’adhésion marquerait surtout un aboutissement dans la très patiente stratégie de conquête de Michel Lucas, entamée il y a plus de trente ans, quand le Crédit mutuel n’existait quasiment pas au sud de la Loire. L’homme fort de Strasbourg avait déjà montré son appétit en achetant le CIC en 1997. Cette acquisition menée en solo avait provoqué un tollé en interne, mais l’ingénieur avait su offrir à ses pairs des outils informatiques, monétiques et autres assurances qui l’avaient rendu incontournable. À part Crédit mutuel Arkéa, toutes les fédérations utilisent déjà l’informatique de Strasbourg.

En fait, le groupe Crédit mutuel n’a jamais été une fiction, mais l’unité s’est opérée d’abord par la technologie. La naissance attendue du CM10-CIC ne fait que matérialiser ce maillage invisible. De quoi soulager, toutefois, la Commission bancaire qui ne doit guère goûter cette complexité.

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