Opération pilote à Strasbourg pour des « cobayes » de la recherche

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Opération pilote à Strasbourg pour des « cobayes » de la recherche

Des chercheurs ont rendu vendredi leur liberté à une quarantaine de volatiles de laboratoire. Une réhabilitation dans la nature qui leur évite une mort inutile.

Il y a une vie pour les canards après le laboratoire. Une quarantaine d’animaux ont été relâchés vendredi après avoir été observés plusieurs mois par des chercheurs strasbourgeois.

Vingt-trois fuligules morillons (canards plongeurs) et sept colverts ont ainsi été libérés dans la nature, dans une réserve du Rhin. Ils ont volé une vingtaine de mètres avant de barboter dans l’eau, se mêlant à leurs homologues sauvages. Six femelles colverts, estropiées de longue date avant leur arrivée au laboratoire, ont en outre pris place dans une ferme éducative. Elles y passeront leurs vieux jours dans un enclos en compagnie de deux oies. En dépit de cela, tous les canards sont en bonne santé et n’ont subi aucune modification génétique. Ils ont uniquement participé à des études portant sur le comportement des mères adoptives avec des canetons adoptés.

Changer les mentalités

Cette opération pilote est une opportunité pour « faire changer les mentalités », estiment les chercheurs du département d’écologie, physiologie et éthologie (Depe) de l’Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (CNRS – université de Strasbourg), qui ont mené ces recherches. « Contrairement à ce que l’on croit généralement, les animaux peuvent retrouver la nature s’ils ne souffrent pas et s’ils ne sont pas dangereux », a précisé à France-Soir Odile Petit, chargée de recherche au CNRS et coresponsable de cette étude. Dans leur lutte pour la réhabilitation des animaux de laboratoire, les chercheurs ont trouvé le soutien du Groupement de réflexion et d’action pour l’animal (Graal). Une association qui attire l’attention sur les centaines d’animaux de laboratoire euthanasiés après expérimentation, alors qu’ils sont sains. Outre les rongeurs, cette constatation concerne notamment les singes, les oies et les chevaux. « Il n’y a pourtant aucune raison expérimentale de les sacrifier », insiste Odile Petit. La libération de ces canards a valeur d’exemple aux yeux de la scientifique qui veut « réconcilier le monde de la science et la société civile ».

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