Strasbourg: joyau de l'habitat social, la cité-jardin du Stockfeld a 100 ans

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Strasbourg: joyau de l'habitat social, la cité-jardin du Stockfeld a 100 ans

Joyau de l’urbanisme strasbourgeois, la cité-jardin du Stockfeld, un ensemble de logements sociaux pittoresques, célèbre en 2010 son centenaire, avec à la clé un projet d’extension de soixante nouveaux logements.
Construite entre 1910 et 1912 sur une douzaine d’hectares à l’extrême sud de Strasbourg, le Stockfeld est l’une des quatre cités-jardins que compte la capitale alsacienne, inscrite depuis 1996 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.


Historiquement, elle est aussi l’une des premières en Europe continentale avec celle de Dresde (Allemagne), dit Edith Lauton, chargée de mission pour le centenaire dont le coup d’envoi vient d’être lancé et qui propose jusqu’en juin expositions, conférences, visites guidées et fêtes de quartier.
Inspiré des travaux de l’urbaniste britannique Ebenezer Howard, le concept de cité-jardin (“garden city”) a été importé en Europe continentale au début du XIXe siècle. Mâtiné de politique sociale, il fait la part belle aux habitations à loyers bas, individuelles ou collectives, dotées de jardins.
A Strasbourg, alors sous domination allemande, il s’agissait de proposer une solution pour les délogés de la “Grande Percée”, vaste opération de démolition d’immeubles insalubres du centre-ville commencée en 1910.
L’architecte alsacien Edouard Schimpf conduira le projet: 460 logements répartis sur une dizaine de rues et pouvant accueillir 2.600 personnes.
Le choix des terrains, acquis par une coopérative dont la ville était le sociétaire principal, se portera sur le quartier excentré et populaire du Neuhof, à 6 km au sud du centre de Strasbourg, en bordure d’une forêt.
De style alsacien –colombages, pignons, auvents, clôtures en lattis–, les premiers lots sont livrés en 1911. L’ensemble forme un lotissement pittoresque à l’ambiance résolument villageoise. Pour l’époque, le confort y est remarquable (toilettes intérieures, bac à lessive, baignoire).
Réservé à des locataires, l’habitat est en revanche plutôt petit (entre 40 et 60 m2, du 2 au 4 pièces). Les logements, individuels ou collectifs, sont mitoyens, toutes les maisons sont dotées de jardins.
“L’idée, c’était de faire un habitat à loyer modéré et que les gens aient un petit coin pour cultiver fruits et légumes. Et avoir à la fois la sociabilité et la tranquillité”, résume Annick Neff, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du quartier Neuhof-Stockfeld.
En 2010, la composition sociale du Stockfeld, rénové de fond en comble en 2003-2005 avec l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), demeure populaire, avec une vraie mixité générationnelle, selon Mme Lauton.
Mais alors que le Neuhof, longtemps associé aux voitures brûlées de la Saint-Sylvestre, continue de pâtir d’une réputation de quartier “difficile”, le Stockfeld, qui n’est relié au centre-ville que par une seule ligne de bus, “reste un quartier très demandé”, affirme Mme Neff.
“C’est calme. Chacun est chez soi mais en même temps, les gens ne sont pas seuls, il y a une vraie sociabilité”, poursuit l’élue, qui réside à deux pas, dans la cité-jardin Ribot, bâtie en 1930 surnommée “le nouveau Stockfeld”.
Dans le cadre du centenaire, le maire de Strasbourg Roland Ries a annoncé un programme d’extension du Stockfeld de 60 nouveaux logements, livrés au plus tard début 2013. Edith Lauton résume ainsi le projet: tenter “de renouveler un concept vieux d’un siècle avec une architecture d’aujourd’hui” en intégrant les nouvelles contraintes environnementales.

AFP et LeParisien.fr