En Chine, on flic tout le monde

 

Les caméras de surveillance actuelles ne sont pas assez performantes pour fournir des images de bonne qualité aux autorités chinoises. Elles pourraient être remplacées par des nouvelles, beaucoup plus efficaces.

Des scientifiques chinois ont mis au point une “super caméra” avec une qualité exceptionnelle de 500 megapixels, raconte le quotidien britannique The Telegraph. À titre d’exemple, l’iPhone 11 Pro est équipé de trois capteurs de 12 mégapixels. Une prouesse technologique dont l’utilité est toute trouvée: la reconnaissance faciale. Selon ses créateurs, la caméra serait capable d’identifier un individu dans une foule de dizaines de milliers de personnes ou dans les gradins d’un stade.

 

En Chine, la reconnaissance faciale est largement répandue: environ 200 millions de caméras surveillent les faits et gestes des Chinois dans le pays. D’ici 2020, ce chiffre devrait monter à 450 millions. Une technologie au service d’un vaste projet piloté par l’Etat chinois, le système de “crédit social”.

 

 

La notation des citoyens
Le gouvernement veut distinguer les “bons” des “mauvais” citoyens. Et pour ce faire, ils sont notés. Les dons à des associations, le respect des lois et des règles de bienséance donnent ainsi droit à des bons points. Ne pas traverser le passage piéton au vert, diffuser de fausses informations ou encore ne pas payer ses amendes donnent lieu à des “malus”. Le score des citoyens est loin d’être anecdotique: 23 millions de personnes mal notées ont ainsi été privées d’accès aux trains et aux avions en 2018. Ils peuvent aussi se voir refuser un emploi ou un crédit bancaire.

 

Une technologie qui inquiète
La qualité des caméras actuelles ne permet pas toujours de prendre des photos nettes des visages. Ce qui peut poser problème en cas de réclamation d’un citoyen. La généralisation de la reconnaissance faciale en Chine est largement critiquée par les défenseurs des libertés publiques. A Hong Kong où des manifestations se déroulent depuis plusieurs semaines, les militants ont pris pour habitude de masquer leur visage et d’utiliser des lasers pour tromper les systèmes de reconnaissance faciale.

 

Cette technologie inquiète partout dans le monde. San Francisco, berceau des géants des nouvelles technologie, a banni l’utilisation de la reconnaissance faciale. En France, des essais ont été conduits pendant le carnaval de Nice.

 

Source: BFMTV